Doliocarpus dentatus, Capadulla (écorce)
Doliocarpus dentatus (Aubl.) Standl. : Une plante incontournable d’Amérique du Sud
1. Médecine
Doliocarpus dentatus est une plante médicinale reconnue dans les pharmacopées traditionnelles des régions tropicales d’Amérique du Sud et centrale. Ses principaux usages médicinaux incluent :
• Anti-inflammatoire : Utilisée pour soulager les douleurs et gonflements liés à des processus inflammatoires.
• Antinociceptif : Efficace contre la douleur, notamment dans les modèles de douleurs neurogènes et inflammatoires.
• Antimycobactérien : Montre une activité contre Mycobacterium tuberculosis.
• Diurétique et dépuratif : Employée pour traiter la rétention urinaire et purifier le corps.
• Traitement des infections intestinales : Utilisée contre la diarrhée et les affections intestinales.
• Remède contre le diabète : En traitement de longue durée dans certaines cultures indigènes.
Elle est également utilisée comme cholalogue (favorisant l’élimination de la bile), fébrifuge, et alexitère (contre les morsures de serpent et piqûres d’insectes).
2. Études scientifiques
Anti-inflammatoire et analgésique
• Une étude menée sur des modèles murins utilisant l’extrait éthanolique des feuilles (EEDd) a montré que Doliocarpus dentatus inhibe la nociception, réduit
l’hyperalgésie mécanique, et prévient l’inflammation articulaire sans provoquer d’effets cytotoxiques ou de leucocytose. Les composés actifs incluent l’acide
bétulinique, un triterpène ayant des propriétés anti-inflammatoires puissantes.
Antimycobactérien
• Des tests ont démontré que l’extrait éthanolique des feuilles (EEDd) présente une activité significative contre Mycobacterium tuberculosis. Cette propriété antimycobactérienne pourrait être attribuée aux lignanes et triterpènes présents dans la plante.
Antinociceptif
• Une étude utilisant un extrait aqueux des feuilles (EADd) a révélé une réduction significative de la douleur dans des modèles de douleur neurogène et inflammatoire induite par le formol ou l’acide acétique. L’activité antinociceptive est associée à la présence de flavonoïdes comme l’isoquercétine.
Réduction de l’hypersensibilité au froid
Toxicité
Les études toxicogénétiques ont montré que Doliocarpus dentatus ne présente pas de génotoxicité ni d’effets négatifs sur les activités motrices ou exploratoires des animaux testés, confirmant son innocuité pour un usage thérapeutique.3. Composition
La plante contient plusieurs composés bioactifs :
• Triterpènes : Acide bétulinique, taraxérol, myricyl alcool.
• Flavonoïdes : Isoquercétine, cosmosiine.
• Phénols : Contribuant aux propriétés antioxydantes.
• Lignanes : Actifs contre les leishmanioses.
Ces composés agissent en synergie pour offrir des propriétés anti-inflammatoires, antimicrobiennes, et antioxydantes.
4. Botanique
Le nom latin complet est Doliocarpus dentatus (Aubl.) Standl. Cette plante appartient à la famille des Dilleniaceae. Elle se présente sous forme de liane ligneuse ou parfois d’arbuste érigé, produisant des fruits rouges globuleux. Les feuilles sont coriaces et dentées dans leur partie supérieure.
Caractéristiques :
• Hauteur : Jusqu’à 20 mètres en tant que liane.
• Feuilles : Ovales-elliptiques, longues de 7 à 20 cm.
• Fruits : Baies rouges contenant 1 à 2 graines entourées d’un arille blanc.
5. Partie utilisée et préparation
Les parties utilisées incluent :
• Les feuilles (pour leurs propriétés anti-inflammatoires).
• Les tiges (source de sève potable et dépurative).
Préparation traditionnelle :
1. Décoction des feuilles pour traiter les inflammations et douleurs abdominales.
2. Cataplasmes avec les tiges écrasées pour soulager les morsures de serpent.
3. Méthode de Macération Quantique© (laboratoire Gemmessence) :
La macération quantique consiste à macérer à froid l'écorce pendant au moins trois semaines dans un mélange d’alcool à 96°, de sirop d’agave et d’eau purifiée énergétiquement. Ce procédé unique vise à intensifier les effets thérapeutiques tout en préservant l’intégrité des principes actifs.
6. Usages, noms vernaculaires et distribution
Noms vernaculaires :
Amérique du Sud et Centrale
• Guyane française :
• Liane chasseur (créole guyanais) : En raison de la sève potable utilisée pour désaltérer les chasseurs.
• Tameyut (Wayãpi) : Nom traditionnel utilisé par ce peuple indigène.
• Samugne (Palikur) : Employé pour ses propriétés médicinales.
• Dia titey et Toku titei (Aluku ou Boni) : Noms vernaculaires associés à des remèdes traditionnels.
• Brésil : « Acurana » ou « Acuralzinho ».
• Cipó-d’água (portugais) : Signifiant « liane à eau », en référence à sa sève potable.
• Cipó piririca : Nom régional utilisé dans certaines parties du pays, notamment au Mato Grosso.
• Venezuela :
• Chaparrillo montañero : Nom vernaculaire utilisé dans les régions montagneuses.
Autres régions
• Colombie : Nom indigène non précisé, mais souvent lié à son usage médicinal contre les douleurs inflammatoires et les infections intestinales.
• Suriname : Noms locaux similaires à ceux de la Guyane, influencés par les cultures créoles et amérindiennes.
Ces noms reflètent l’importance ethnobotanique de Doliocarpus dentatus, intégrée dans les traditions médicinales et culturelles des peuples autochtones et locaux.
Distribution mondiale :
Doliocarpus dentatus est présente du Mexique au Paraguay, incluant le Venezuela, les Antilles, la Colombie, le Guyana, le Suriname, la Guyane française, le Pérou, le Brésil, et la Bolivie.
7. Ethnobotanique et ethnopharmacologie
Dans la pharmacopée traditionnelle :
• Les Palikur utilisent la sève comme remède contre la coqueluche et le diabète.
• Les Aluku emploient les tiges pour préparer un aphrodisiaque puissant.
En médecine créole, elle est utilisée comme diurétique amer ou en emplâtre pour traiter les entorses.
8. Traditions, rituels et spiritualité
Chez les peuples indigènes comme les Urubú-Ka’apor du Brésil, cette plante est intégrée dans des rituels médicinaux pour purifier le corps avant les cérémonies spirituelles.
9. Histoire
Antiquité
Les peuples autochtones d’Amérique du Sud utilisaient Doliocarpus dentatus pour ses propriétés dépuratives et médicinales.
XIXe siècle
La plante était mentionnée par le père Labat en 1742 comme remède alexitère aux Antilles contre les morsures de serpent.
Botanistes célèbres
1. Jean Baptiste Christophore Fusée Aublet (1720–1778) : Premier à collecter un échantillon type en Guyane française.
2. Michel Félix Dunal (1789–1856) : Étudiait les Dilleniaceae mais ne s’est pas concentré sur cette espèce spécifiquement.
Produits historiques
Au XIXe siècle :
• Cataplasmes utilisés aux Antilles contre les piqûres d’insectes.
• Décoctions employées en Guyane comme fébrifuge.
Conclusion
Doliocarpus dentatus est une plante tropicale aux multiples usages médicinaux traditionnels soutenus par des études modernes démontrant ses effets anti-inflammatoires, antinociceptifs et antimicrobiens. Elle reste un exemple fascinant de la richesse pharmacologique des plantes tropicales.
Ethnopharmacologie
Dans le Mato Grosso, au Brésil les feuilles sont utilisées pour soulager les douleurs et réduire les inflammations
Composition
flavonoïdes, trigonelline, isoquercétine
Etudes
-antinociceptive réduit la douleur (1)
-réduction de l’hypersensibilité au froid (1)
1. Branquinho LS, Verdan MH, Santos ED, Neves SCD, Oliveira RJ, Cardoso CAL, Kassuya CAL. Aqueous extract from leaves of Doliocarpus dentatus (Aubl.) Standl. relieves pain without genotoxicity activity. J Ethnopharmacol. 2021 Feb 10;266:113440. doi: 10.1016/j.jep.2020.113440. Epub 2020 Oct 3. PMID: 33022341.